Tout savoir sur les isolants biosourcés

21/07/2021 3 min
isolants biosourcés
© FBT Isolation
Hélène Octobre, photographe.
Chantier www.construistanature.fr

L’isolation d’un bâtiment est déterminante pour réduire les consommations énergétiques. Depuis quelques années, les matériaux traditionnels d’isolation (polystyrène, polyuréthane, laines de verre, laines de roche) sont peu à peu détrônés par des isolants dits naturels ou biosourcés. Tour d’horizon de leurs avantages, de leurs limites et de leur utilisation. 

Selon le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), les isolants biosourcés sont « des matériaux issus de la biomasse végétale, animale ou d’éco-matériaux. Ils doivent contribuer à la réduction de l’émission des gaz à effet de serre. » Parmi les principaux isolants biosourcés figurent le lin, la laine de chanvre, de coton, de mouton, la ouate de cellulose, la fibre de bois…

panneaux isolants
© FBT Isolation

Mais également la paille de riz de Camargue, valorisée pour la première fois au monde sous forme de panneaux isolants par FBT isolation. Comme le rappelle Laurence Treiber, chef de produit dans cette entreprise, « cette paille était brûlée sur champ ». Elle sert désormais à fabriquer des panneaux semi-rigides après un procédé similaire à celui de la majorité des isolants biosourcés : un mélange de 92% de paille de riz avec un liant (en fibre de polyester) qui fond à partir de 120 °C. Il permet d’agglomérer les pailles pour former un panneau après être passé dans un four. « De nombreux chercheurs étudient des alternatives au liant utilisé pour que les panneaux puissent être valorisés en fin de vie », précise Laurence Treiber.


Des atouts majeurs…

Plus denses que les isolants traditionnels, les biosourcés affichent une meilleure durée de vie et une bonne tenue dans le temps. « Compte tenu de leur masse et de leur composition, ils ont la capacité de ralentir le transfert thermique (ce qu’on appelle l’inertie thermique) : ils limitent notamment les phénomènes de surchauffe de la toiture l’été », explique Laurence Treiber. De son côté, Hervé Pottier, Directeur général de Cavac Biomatériaux et Biofib’ Isolation, qui propose des isolants sous forme de panneaux semi-rigides à base de chanvre, souligne le fait que « la fibre végétale stabilise l’hygrométrie (la quantité d’humidité) dans la maison ». « Les biosourcés isolent aussi bien en été qu’en hiver. Ils permettent d’évoluer dans un habitat sain et non allergène avec une meilleure qualité de l’air et un meilleur confort acoustique », ajoute-t-il. 


Un bémol à relativiser

Pour le moment, ces matériaux affichent un prix de 10 à 15% plus élevé que celui des isolants traditionnels. Mais, d’une part, selon l’AICB (association syndicale des industriels de l’isolation végétale), leur part de marché augmente régulièrement, ce qui va, à terme, favoriser leur baisse de prix. D’autre part, comme le fait remarquer Hervé Pottier, « il s’agit d’un investissement responsable, rentabilisé grâce aux économies d’énergie et de climatisation. » Il tient d’ailleurs à citer une technologie française peu connue, le chanvre chaux, destiné à la construction de murs : « il favorise le maintien d’une stabilité hygrométrique qui conduit à se passer totalement de climatisation ».


Quelques conseils en plus

panneaux isolants combles
© FBT Isolation
Hélène Octobre, photographe. Chantier www.construistanature.fr

Ces isolants sont utilisables dans les combles, sur les planchers et plafonds, en parois verticales, en cloisons… Pour Laurence Treiber, non seulement les biosourcés sont plus naturels et moins nocifs pour la santé, mais leur choix peut aussi se faire dans un objectif d’anticipation. « La règlementation environnementale RE2020, qui s’appliquera en 2022, va pousser fortement les maîtres d’ouvrage à opter pour des éco-matériaux, dont les isolants biosourcés, afin de répondre aux engagements de la France face aux changements climatiques », détaille-t-elle.

Hervé Pottier recommande quant à lui de s’appuyer sur des tutoriels comme ceux de la chaîne YouTube de son entreprise, pour mettre en œuvre ces isolants biosourcés.