Tout savoir sur les toitures végétales

12/07/2021 4 min
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Faire naître un jardin sur le toit de sa maison, c’est tout à fait possible. Les toitures végétales offrent de nombreux avantages : isolation thermique et phonique, gestion des eaux de pluie, habitat pour les oiseaux et les insectes… Mais encore faut-il respecter certaines règles d’installation. Explications.

Plantes succulentes, vivaces mais également romarin, thym, lavande… Ces végétaux pourraient bien se retrouver prochainement sur le toit de votre maison. Toutes les toitures peuvent en effet être végétalisées – jusqu’à 200% de pente –, à condition, bien sûr, que la maison puisse en supporter le poids.


Une question de poids

« Les toitures végétales, selon la technique utilisée, peuvent peser entre 60 et 150 kg au m2, explique Pierre Georgel, co-fondateur et PDG d’ECOVEGETAL, entreprise française spécialisée dans la végétalisation des toitures et des parkings et dans la stabilisation des sols. Toute toiture pouvant supporter cette charge peut être végétalisée. Mais sur un toit existant, il faudra toujours vérifier que la structure peut porter le poids que l’on va ajouter. Si elle est en béton, il n’y a aucun problème dans la majorité des cas.

Sur une structure en bois, il faut en revanche prévoir des dispositifs de renforcement ». N’hésitez pas à vérifier la faisabilité de votre projet avant de vous lancer dans toute démarche, en demandant notamment conseil à un architecte.


Économies et bienfaits pour l’environnement

En dehors de leur côté esthétique recherché (elles changent d’aspect selon les saisons), les toitures végétales offrent de nombreux avantages. Selon Pierre Georgel, également co-fondateur de l’association des toitures et façades végétales (Adivet), les toitures végétales permettent :

  • Une amélioration de l’étanchéité de la toiture grâce au substrat (sol fertile) qui la protège des ultraviolets (UV) et des intempéries ;
  • Une meilleure protection contre la chaleur avec, à la clé, des économies en climatisation pour l’étage situé en dessous de la toiture ;
  • Une amélioration du microclimat des centres-villes en réduisant la réflexion thermique et solaire ;
  • Une meilleure rétention d’eau pour diminuer les risques d’inondation ;
  • Une diminution des nuisances sonores urbaines et aériennes ;
  • Une réduction de la pollution grâce à l’absorption du gaz carbonique, transformé en oxygène ;
  • Un abri pour certains oiseaux mais également pour de nombreux insectes.


Techniques et climat

Selon votre toiture (toit-terrasse, toit monopente, toiture avec combles aménagés, voire maison vague…), son accessibilité et la capacité de charge de la structure, différentes techniques de végétalisation existent, avec une variation des végétaux implantés. On parle de systèmes extensif simple, extensif composé ou encore semi-intensif.

« Lorsque l’on a peu d’épaisseur de substrat, on installe des végétaux qui résistent à la sécheresse comme des plantes saxatiles (qui poussent parmi les roches et les pierres) ou des succulentes telles que des sedums, indique Pierre Georgel. Dès que l’on dépasse les 7-8 cm de substrat et jusqu’à 15 cm, on peut y ajouter des plantes vivaces et même des arbustes comme du romarin, du thym, de la lavande… »

Les toitures végétales se prêtent à tous les climats à condition d’y implanter des plantes endémiques (propre à une région géographique spécifique). « Dans le sud de la France, nous conseillons d’installer des systèmes d’irrigation pour mieux traverser les périodes de sécheresse », ajoute Pierre Georgel.


Un entretien régulier

Pour maintenir les performances de votre toiture végétale sur la durée, l’architecte paysagiste conseille de réaliser un entretien régulier. « Entre un et trois passages par an sont à prévoir, par un professionnel ou par un particulier, en prenant ses précautions lorsque l’on grimpe sur la toiture. Cela est nécessaire afin de vérifier que les descentes d’eau pluviales ne sont pas bouchées ou pour enlever les amas de feuilles. Il faut également supprimer les plantes non souhaitées comme les pousses d’érable ou de peuplier et enrichir avec de nouvelles plantes ou bulbes si besoin. »


L’info en plus

Le coût d’une toiture végétalisée dépend de plusieurs paramètres : hauteur du substrat, type de végétaux sélectionnés, accessibilité du toit, installation d’un système d’irrigation… « Cela peut aller de 60 à 200 euros du m2, pose comprise », indique Pierre Georgel. Vous pouvez néanmoins bénéficier de subventions, notamment de la part des agences de l’eau. Selon votre lieu de résidence, elles peuvent atteindre de 30 à 100 euros du m2. Toute demande d’aide doit en revanche être déposée avant le début de votre projet.