Comment fabriquer votre bokashi ?

27/08/2021 4 min
fabriquer bokashi engrais japonais
© Recup’ – Recyclage Et Compostage Urbain Participatif

Avez-vous déjà entendu parler du compost alternatif bokashi, un engrais naturel formé à partir de matière organique fermentée ? On vous en dit plus sur cette technique – venue tout droit du Japon – qui a de quoi séduire, surtout si vous habitez en appartement.

Le bokashi, comment cela fonctionne-t-il ?

Pour fabriquer votre propre bokashi, vous avez besoin d’un composteur bokashi spécifique (doté d’un robinet) ainsi que d’un activateur de compost. Cet activateur – également appelé poudre bokashi – est composé d’EM, des micro-organismes efficients empêchant la putréfaction de vos déchets et les préparant à une meilleure assimilation une fois en terre. La méthode de fabrication du bokashi se base en effet sur le principe de la fermentation, d’où son nom, qui signifie « Matière organique fermentée » en japonais. Pour utiliser votre bokashi, il vous suffit de :

  • Saupoudrer des EM au fond du seau (pour une première utilisation)
  • Couper vos restes alimentaires en petits morceaux
  • Les jeter dans le seau
  • Bien les tasser pour évacuer l’air
  • Saupoudrer d’EM
  • Vider le jus tous les 2-3 jours


Bon à savoir

Ce que vous pouvez mettre dans votre bokashi : fruits et légumes (agrumes, ail, oignons compris) aliments cuisinés, viandes cuites ou crues, poissons, coquilles (œufs, noix…), petits os, pain, marc de café, sachets de thé, fleurs fanées, mouchoirs, produits laitiers.

Ce que vous ne pouvez pas mettre dans votre bokashi : liquides, excréments, cendres, papier, gros noyaux, coquilles de fruits de mer, plastique biodégradable, aliments moisis.

bokashi 2
© Recup’ – Recyclage Et Compostage Urbain Participatif

Que faire ensuite de votre matière organique ?

Si vous disposez d’un jardin, vous pouvez directement placer votre compost au pied de vos arbustes ; l’enterrer dans le sol de votre potager deux semaines avant de planter ou de semer ; ou bien l’incorporer entre les rangs de légumes en croissance.

En appartement, vous pouvez le mélanger à la terre de vos pots et jardinières. À Bordeaux, Toulouse et Lille, l’association Recup’ – Recyclage Et Compostage Urbain Participatif, vous équipe du matériel nécessaire pour fabriquer votre bokashi. Votre matière organique est ensuite récoltée afin d’être redistribuée à des maraîchers, des jardins partagés ou à des membres de l’association ayant un jardin. « Nous avons créé Recup’ en 2018 car nous avions constaté le manque de solutions pour la gestion de biodéchets, explique Alexandra Neyroud, co-fondatrice et chargée de projet. Aujourd’hui, nous avons 410 membres. À chaque fois que leur bokashi est plein, nous passons à vélo à leur domicile pour l’échanger contre un seau vide. Dans un composteur de bokashi, on peut incorporer plus de deux fois la quantité de déchets organiques que l’on mettrait dans un composteur classique. À condition de bien tasser. »


Attention aux odeurs ?

« Il y a des odorats plus sensibles que d’autres, précise Alexandra Neyroud. Quand la fermentation se déroule bien, cela ne sent pas mauvais, on a seulement une odeur aigre-douce. Il faut bien s’y prendre et c’est pour cela que nous nous attachons à former les personnes qui débutent le bokashi à nos côtés. » Petit conseil : essayez de placer votre bokashi dans une zone aérée et évitez de l’ouvrir trop souvent. Et pendant vos vacances ? « Vous pouvez partir l’esprit tranquille, cela ne sera pas le festival des mouches à votre retour », ajoute Alexandra Neyroud.


Que faire du jus ?

Le jus de bokashi que vous allez récolter peut servir d’engrais pour vos plantes. Mais il faut veiller à bien le diluer (10 ml de jus pour un litre d’eau), au risque de les brûler. « Vous pouvez aussi le verser dans vos canalisations, conseille Alexandra Neyroud. C’est très concentré et acide, cela permettra de les dégraisser. »

Retour d’expérience avec Camille Ejzenberg, membre de l’association Recup’ – Recyclage Et Compostage Urbain Participatif « Nous avons adhéré à l’association il y a trois ans car nous cherchions une solution pour composter nos déchets organiques. Le bokashi est simple d’utilisation et ne demande que très peu d’entretien. Cela n’a pas d’odeur et l’on peut mettre beaucoup de déchets à l’intérieur. Nous avons depuis déménagé dans une maison avec jardin mais nous restons membres de l’association car il y a un certain confort à avoir cette collecte régulière du bokashi, avec à chaque fois un nouveau seau vide à disposition. En plus, nos déchets sont revalorisés chez un maraîcher de Bordeaux. Notre fils a toujours connu le bokashi, nous sommes contents qu’il soit ainsi sensibilisé au tri des déchets. »