En décembre, je chouchoute les oiseaux

08/12/2021 3 min

Longtemps, j’ai accroché des boules de graisse dans les arbustes dès que les grands froids s’installaient. Quel plaisir que de voir le ballet des mésanges aller et venir toute la journée ! Mais un jour où je rendais visite à ma tante, ornithologue expérimentée, c’est une bien plus grande variété d’oiseaux que j’ai vu se nourrir dans son jardin : des sittelles, des gros-becs, des pic-épeiches… Depuis, pour chouchouter les oiseaux, je suis scrupuleusement ses conseils.


« Nourris-les seulement en hiver »

oiseau qui mange des graines en hiver

En hiver, les oiseaux ont besoin de plus d’énergie pour résister à la baisse des températures. Une mésange peut ainsi perdre 10 % de son poids en seulement une nuit. C’est donc lorsque les grands froids arrivent, à la mi-novembre ou en décembre (selon la région et l’année), que l’on peut débuter le nourrissage. Mais pas avant et surtout pas après. En automne, les oiseaux trouvent encore une abondance d’insectes et de baies. Dès le mois de mars, ils nidifient et leurs besoins alimentaires changent. Ils chassent les insectes, sources de protéines. Pas question de les en détourner avec une alimentation artificielle, (trop) riche en lipides.


« Prends-en de la graine »

Pas de graines en mélange dans les mangeoires de ma tante. C’est en effet du gaspillage : chaque espèce d’oiseau fait un tri sévère parmi les graines. Les plus petites (millet, niger…), qui sont aussi les plus chères, se retrouvent immanquablement à pourrir sur le sol. Ma tante donne donc, en quantité, une seule sorte de graines, plaisant à un grand nombre de volatiles : celles de tournesol.


« Fais attention à ce que tu leur donnes à manger »

Il est possible de donner quelques restes aux oiseaux (couenne de lard, miettes de fromage ou de gâteaux, riz ou pâtes cuites, fruits gâtés…), mais à condition qu’ils ne soient pas trop salés et en petite quantité. Pour ma part, je simplifie : je mets tout au compost. Celui-ci, lorsqu’il est brassé, est une manne pour les oiseaux. Ils y trouvent non seulement des restes, mais aussi toute la petite faune qui les décomposent. Stop au pain sec, aux biscottes, à la noix de coco et au riz cru : ils gonflent dans l’estomac des oiseaux et perturbent leur digestion. Quant aux boules de graisse… je les évite.


« Gare à la junk food ! »

Le saviez-vous : les oiseaux souffrent d’athérosclérose et de cholestérol. En cause : la quantité trop importante de lipides de mauvaise qualité délivrée par les boules de graisse du commerce. Un vrai fast food à ciel ouvert ! Celles-ci contiennent par ailleurs des produits qui peuvent être toxiques pour les oiseaux. Que faire alors ? Choisir des boules à base de graisse majoritairement ou même exclusivement végétale et ne contenant pas d’additifs E311 et E320. Et sans filet pour les entourer : certains oiseaux s’y cassent les pattes.


« N’oublie pas l’eau »

En adaptant un régime granivore, les oiseaux ont particulièrement besoin d’eau, dont le gel les prive souvent en hiver. J’improvise donc des « bains d’oiseaux » avec des sous-pots ou des couvercles de poubelles que je place sur des briques pour les surélever. Et je les cale avec une pierre qui a aussi l’avantage de retarder la prise en glace de l’eau.


Article rédigé par la jardinière et journaliste Guylaine Goulfier. Découvrez son portrait.